|
Cheikh Zidor est un artiste qui oeuvre dans la sérénité et l’envoûtement de la médina de Fès, sa ville natale, Zidor a su transcender l’obtus et l’obvie de l’œuvre d’art à travers ses travaux protéiformes et fascinants. Le travail de Zidor est le fruit d’une grande investigation qui s’appuie sur des convictions jugées parfois familières. Alors que dans le fond l’artiste démontre autre chose. Car pour Zidor, toute œuvre doit être la résultante d’une recherche mûrement réfléchie à tous les niveaux : le trait, la chromatique, les motifs, le point de vue, la matière utilisée, les reliefs... La présence du cercle, en référence d’abord au globe terrestre ou à la cosmogonie, suggère que tout ce qui est encerclé est condamné à la monotonie, à la torpeur, aux mêmes gestes, bref, à la non-activité. Or, selon Zidor, cette appréhension est dépassée, il y a une activité et une vie dans la circularité. Pour lui, ce n’est pas le carré qui précède le cercle, c’est le contraire. Ainsi, la présence de cette forme est justifiée. Elle est forme, contenu et force en même temps. Cette thèse est renforcée par la force de trait qui marque et dynamise ses toiles. Cela va de pair avec les lois de la perspective, qui traversent son œuvre en adoptant une stylistique très novatrice et très avant-gardiste. C’est l’un des éléments qui manifestent, entre autres, la modernité de son travail et de sa méthode. Les gestes qui accompagnent certains motifs, jouant sur la circularité, confirment que Zidor conçoit et réalise son travail dans la douceur la plus scrupuleuse.
|