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L’Art Déco, utilise toutes
les ressources de l’ornementation et manifeste un très
vif souci d’imagination, de raffinement et de renouvellement.
Marqueterie, incrustations, bronzes sculptés, fer forgé,
laques, peintures sont appliqués à profusion.
Leur technique et leur thème reflètent tous
les caprices de la mode. L’Art Déco
est un style qui s’applique entre les années
vingt et trente dans l’architecture et les arts graphiques.
L’exposition des arts décoratifs de 1925, connue
aussi sous le nom d’Expo 25, provoque pendant trois
ans une véritable obsession de la décoration.
Le Corbusier, qui y participe, écrit à son propos
que l’intérêt pour la décoration
allait du carton à chapeau au plan régulateur
de Paris.
Les ébénistes de cette période s’inspirent
d’influences historiques très diverses :
Emile-Jacques Ruhlmann et Paul Iribe du Louis XV ou du Louis
XVI ; Louis Süe et André Groult de la Restauration
; Râteau recherche son inspiration en Orient ou en Espagne
; Jules Leleu tente de réaliser une synthèse
des courants de l’époque. On retrouve une stylisation
géométrique des thèmes naturalistes :
les paniers de fleurs, les corbeilles de fruits sont des décorations
courantes.
On découvre aussi des décorations plus élaborées,
des effets de matières rares tels le galuchat, l’ivoire
en relief sur les bois sombres vernis. Les paravents de laque
d’or de Jean Dunand symbolisent le luxe de cette époque.
Des poètes comme Cocteau, des peintures comme Modigliani,
des musiciens comme Poulenc, des couturiers comme Coco Chanel
et Paul Poiret, des écrivains comme Colette, s’intéressent
de très près à la décoration.
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Présentée souvent comme une ville sans passé,
contrairement aux villes impériales comme Fès
ou Marrakech, Casablanca a pourtant été fondée
mille ans avant Jésus-Christ. Casablanca s’est
largement rattrapée,durant ce siècle, de son
existence en dents de scie. Rarement des lieux eurent un destin
si rapide influençant si fortement un pays.. Rarement
une petite bourgade portée en cinquante ans au rang
de grande ville internationale, présenta aux hommes
aussi totalement à nu, ses vicissitudes, ses richesses,
ses misères et sa grandeur pour qu’elles servent
d’enseignement. Nous avons là, en un raccourci
saisissant, ce que l’on peut faire de meilleur et de
pire et Casablanca peut avoir aussi bien pour le spécialiste
que pour le simple citoyen, la même valeur éducative
que la projection d’un film où l’on montre,
à l’accéléré, la croissance
d’une plante depuis la graine posée en terre
jusqu’au fruit.
Ainsi, à Casablanca, nom mythique d’Hollywood
s’il en est, il n’est nullement nécessaire
d’aimer le film pour aimer la ville, même s’il
est clair que le film de Michaël Curtis, sans y avoir
été tourné, a plus fait pour la notoriété
de la ville auprès du grand public que Candilis, Boyer
et Laprade réunis. Il est certes vain de croire que
quelques dizaines de pages agrémentées de plusieurs
superbes photographies vont rendre toute l’effervescence,tout
le dynamisme, toute les absurdités de la ville. Seulement,
et j’en suis convaincu, ceux qui parcourront cet ouvrage,
et qui ne connaissent pas Casablanca, auront envie d’y
séjourner. Tandis que ceux qui pensent la connaître,
qui la fréquente, qui la vivent ou la subissent, regarderont
cette ville autrement. Avoir toute cette richesse et cette
diversité patrimoniale à portée de regard
et marcher le nez par terre est un gâchis. Laisser ce
patrimoine s’effriter et souffrir est un crime.
Les façades, les avenues, les bâtiments de Casablanca
sont là pour nous, sont à nous, témoignent
d’une époque, d’une atmosphère,
d’un cosmopolitisme, d’une énergie qu’il
faut plus que jamais exalter en cette époque de frilosité
et de repli sur soi. Casablanca appartient à ceux qui
savent la regarder, à ceux qui l’aiment pour
ce qu’elle est, à ceux qui, avec Tito Topin,
diront nous, ont est sur l’Atlantique ! On se baigne
dans des vagues de cinq mètres, on a des piscines en
forme de haricot.
Chers lecteurs, levons le nez au ciel bleu où se découpent
des silhouettes blanches, des volumes lyriques,des formes
et décors sublimes… Apprenons à regarder,
à apprécier, à aimer pour perpétuer
et créer dans la continuité. Et rappelons-nous
que l’architecture est le signe visible des mœurs
d’une nation, de ses goûts, de ses tendances,
plus que tout autre art peut être, elle laisse une trace
durable de l’état intellectuel d’un peuple,
de sa vitalité, de son énergie ou de sa décadence.
Rachid Andaloussi, architecte
Président de l’Association de sauvegarde du patrimoine
architectural de Casa.
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